Terminé en ce début de moi d’avril, Hyperion a été, en même temps qu’un premier pied dans la SF, une agréable découverte. Euphémisme.

Résumé :

     L’humanité a fui la terre après la Grande Erreur, ne laissant derrière elle qu’un gouffre abyssal, un embryon de trou noir qui a dévoré notre monde de naissance. Les humains ont alors colonisé la galaxie, s’étendant plus loin en 400 ans que ne l’avait jamais l’humanité en plusieurs millénaires jusqu’alors. Tau Ceti Central, Sol Draconi Septem, Alliance Maui, Vecteur Renaissance, Lusus… Et Hyperion. Plusieurs centaines de mondes sont ainsi découverts, transformés, appropriés.

     Les humains ont découvert de nouvelles formes de vie intelligente, mais sans grand bouleversement ; la plupart est détruite, le reste ignoré. Seuls alter ego : les IA du TechnoCentre, qui ont leur propre agenda et ne s’intéressent plus aux humains que comme de vulgaires outils ; et les Extros, un peuple d’humains qui a choisi de ne pas s’intégrer au Retz, le réseau des mondes humains, et a vécu en nomade dans leurs vaisseaux-essaims, pendant plusieurs siècles, modifiant pendant cette période leur morphologie, cessant pour ainsi dire d’être tout à fait… humain.

     Nous sommes proche du troisième millénaire, et le Retz est sur le point de connaître une crise majeure : la guerre avec les Extros. Hyperion devient le centre de cette crise, et le gouvernement du Retz y envoie, en dernier recours, se tourne vers une religion inquiétante : le culte gritcheque. Hyperion est l’hôte d’un site étrange, les Tombeaux du Temps, semblant échapper aux lois de la physique. Et dans ces tombeaux, sommeillerait une créature de cauchemar : le Gritch. Les sept pèlerins, au passé trouble et profondément connecté à Hyperion, ont pour mission de se rendre à la rencontre de la créature, avec l’espoir ténu d’y trouver la paix, et la sauvegarde du Retz.

HyperionI

À chaud :

     Hyperion de Dan Simmons n’est pas un livre d’accès facile. Le récit se situe dans un monde à la limite entre l’utopie et la dystopie, 800 ans dans notre futur. L’auteur nous plonge sans perte de temps dans un univers complexe, aux technologies débridées et aux sociétés et modes de vies variés. Les personnages eux-mêmes ne se dévoileront que progressivement tandis que les sept pèlerins se raconteront leur propre histoire. Chacun est marqué par la perte, la tragédie, la tristesse. En résulte une narration qui ne cède pas à satisfaire le caprice du lecteur : non, on ne saura pas tout, pas avant, du moins, que l’histoire ne s’y prête. Pas de prétexte, pas de précipitation, il faut composer avec une certaine confusion : nous ne savons pas exactement où nous sommes, ce qu’il se passe, quelles sont les raisons de ce pèlerinage, quels en sont les enjeux précis. L’histoire semble se dérouler et se raconter, indifféremment de notre présence de lecteur.

     C’est une force de ce livre : le concept du temps y tient un rôle majeur, et l’auteur assène son récit avec une inéluctabilité désarmante pour le lecteur. Comme le temps qui passe, on ne peut que dériver sur cet ouvrage au gré de l’implacable marée narrative de Simmons.

     Les personnages livrent en temps et en heure leur passé, et si de prime abord certains paraissent excessivement silencieux, d’autres trop peu discrets, leur personnalité révélée est cohérente et rend attachant chaque protagoniste. Le style de Simmons est calme, sans envolée, sans être prosaïque pour autant. On oscille entre une aventure inquiétante en terre inconnue, en passant du roman noir aux récits d’épouvantes : Simmons nous offre une pluralité de genres en accord avec la diversité des sociétés humaines au sein du Retz.

     Un premier tome magistral pour cette fresque spatiale se déroulant sur une courte semaine, et qui, pour ceux qui endurent sans céder face aux conditions imposées par l’auteur, appelle une lecture sans tarder de la suite, La chute d’Hyperion.

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Une réflexion sur “Hyperion, de Dan Simmons

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