Ça parle de poètes, et de dieux, et d’hommes, et aussi de femmes, et d’humains qui n’en sont plus vraiment, et de consciences, et, et… Et d’écologie. Et de religion. Et puis de vaisseaux spatiaux, de batailles au plasma et au laser. De sacrifice, de caprice, de génocide, de salut. De la famille, de l’amour, de la vie, et de la mort. De la paix, de la guerre, de l’inquiétude, de l’inéluctabilité de certaines choses. De l’espoir, malgré tout. Allez, on respire.

Résumé :

     Les pèlerins abordent la dernière ligne droite de leur voyage. Une ligne droite sur le point de connaître de nombreuses vrilles, car le temps est loin d’être aussi linéaire qu’on le croît. Le périple jusqu’à la vallée fut rude, éprouvant, mais le pire reste à venir, tandis que la petite troupe s’approche de l’antre du gritche, ce monstre aussi brutal que mystérieux.

     Le Retz n’est pas en reste, car si le Grendel de Silénus semble lié à Hyperion, la guerre avec les Extros est imminente. Ces créatures, jadis humaines, aujourd’hui changées par des siècles d’errance interstellaire, s’approchent du système d’Hyperion pour y menacer la domination de l’Hégémonie…

     À Tau Ceti Central, capitale du monde humain, la présidente Meina Gladstone tente d’organiser la défense, en prenant soin de consulter le peintre Joseph Severn. Ce dernier fait des rêves étranges, et semble inexplicablement attiré par les pèlerins et leur périlleuse entreprise…

À chaud :

     Il était temps que je sorte du roman. Entendez-moi bien, j’émerge du Retz de Dan Simmons avec un certain plaisir, et une envie raisonnable d’attaquer la suite, Endymion. Ce dernier double tome est à la fois très bon, et malheureusement un peu décevant. Très bon car on y retrouve l’essentiel des personnages, et quelques uns de plus au charme tout… Simmonsiesque ! En tête de liste, Meina Gladstone en femme incroyablement maîtresse de son destin malgré la situation, et qui fait face à des prises de décisions aux enjeux moraux démesurés.

     Globalement, c’est un des points forts de la saga, jusque là : les personnages créés par Simmons sont profonds, cohérents, vivants. Mis à part les dialogues, qui reflètent assez mal ces personnalités fortes et variées, chaque partie du récit nous permet d’explorer un peu plus la psyché des protagonistes, maintenant que l’on connaît l’essentiel de leur histoire. La narration s’attarde davantage sur leur manière de concevoir le pèlerinage, d’envisager leur rôle dans cette aventure emprunte d’espoir, mais teintée de mort.

     La première partie, Hyperion, reposait pour sa progression scénaristique sur l’échange entre les pèlerins de leur histoire. Cette deuxième partie fait appel à un procédé différent, le rêve, et ce changement est très bienvenu, rafraîtchit la narration et permet une focalisation plus importante sur la poésie.

     Car La chute d’Hyperion fera constamment appel à une double lecture par le biais du poète John Keats : ses vers parcourent le récit, éclairant tantôt les tourments de Sol Weintraub, tantôt les spéculations d’une obscures IA du TechnoCentre. Je ne connais pas assez Keats pour mesurer à quel point le connaître et l’apprécier permet de mieux appréhender la saga de Dan Simmons, mais il est présent du début à la fin pour, je pense, une bonne raison.

     Le thème du temps est évidemment toujours au centre des préoccupations du roman, et la forme du récit semble elle aussi altérée, de même que le cours du temps se retrouve perturbée par les champs anentropiques. Tandis que l’on suivait les événements de manière chronologique dans les deux premiers tomes, ici, les chapitres s’enchaînent avec parfois des retours en arrière, certains mêmes très abruptent, et crééent parfois de légers sentiments de déjà vu lorsque la suite des événements reboucle sur elle-même.

     En somme, un roman très intelligent, bien construit, mené avec brio et qui se renouvelle pour éviter de profiter jusqu’à l’usure d’une formule qui fonctionne.

     Toutefois, la fin surprend, et plutôt en mal. Les trois quarts de l’œuvre tirent leur force de ses personnages et de l’ambiance de mystère, parfois d’épouvante, qui règne sur le monde d’Hyperion. La tension à l’approche d’une guerre avec les Extros tient essentiellement au fait qu’on ne les connaisse pas. Et en cela, les derniers chapitres sont un saut à pieds joints dans le plat. Les mystères tombent, les visages se révèlent, les horreurs tapies dans l’ombre sont exposées à la vive lumière.

     Et malheureusement, se rajoute à ce changement radical d’ambiance une modification du point de vue et des enjeux. On passe fréquemment, dans les derniers chapitres, à un point de vue omniscient, à des événements se déroulant sur un plan cosmique, à des fourchettes temporelles à peine concevables humainement… Le résultat est un récit extrêmement décousu, souvent vague et creux, impersonnels. On assiste parfois à des énumérations de bouleversements sociétaux et politiques s’étalant sur plusieurs années, le tout en trois à quatre ligne. C’est dilué, peu convaincant, et cela tranche tellement avec le reste du roman que j’ai été tenté d’abandonner le livre dans un coin pour passer à autre chose.

     Donc, en résumé… Hyperion est une très bonne saga, riche de toutes les manières possibles, prenante, haletante, effrayante parfois. Et malgré une fin mitigée, l’histoire est bouclée, et l’on pourrait s’arrêter là. Ou bien, on peut se diriger tranquillement vers Endymion, la dernière tranche de la saga, ce que je ferai probablement, d’ici quelques semaines…

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